Portage salarial : les clés de la réussite
Le portage salarial se présente comme une opportunité pour qui souhaite cumuler l’indépendance avec le statut de salarié. Toutefois, certains points sont à examiner prudemment afin de ne pas commettre d’erreurs. Deux experts nous offrent leurs conseils pour bien choisir son entreprise de portage salarial et réussir son projet.
« Souvent, la première chose que les personnes intéressées par le portage salarial regardent, c’est le taux de gestion, c’est-à-dire le taux auquel va fonctionner l’entreprise qu’ils choisissent. Or, même si c’est un critère à considérer, ce n’est pas le plus important », estime Thierry Jouzier, responsable régional Rhône-Alpes chez DTalents. Selon lui, la priorité est de vérifier que le partenariat pourra s’inscrire dans la durée. Et pour en être certain, « il faut pouvoir bénéficier d’un accompagnement vers la posture de consultant, un accompagnement qui permette de changer de position. » En effet, adopter le portage salarial signifie aller chercher des clients plutôt que de répondre à des attentes, devenir actif plutôt que réactif. Un changement de mentalité est donc de rigueur.
Court ou long terme : des critères différents
Certaines sociétés proposent des formations dans ce sens et établissent des liens avec les professionnels en portage salarial pour les soutenir dans leur démarche, organisant régulièrement des points avec eux. D’autres se contentent de gérer la partie administrative. Le choix dépend donc de ce que recherchent les futurs salariés portés, explique Thierry Jouzier : « si l’on veut bénéficier du portage pour une mission ponctuelle, on peut se concentrer sur le taux de gestion, car la rentabilité à court terme est alors ce qui importe. Les besoins sont très faibles et l’accompagnement n’est pas une obligation. Mais si l’on souhaite se lancer sur du long terme, il devient nécessaire. »
Un interlocuteur présent
La proximité physique de la société de portage est aussi à examiner. « L’un des pires écueils du consultant est de rester seul dans son coin », prévient Thierry Jouzier. Avoir un interlocuteur à rencontrer en face à face au lieu de tout régler à distance peut limiter les risques. Faire appel à une entreprise de portage permet aussi de bénéficier d’un réseau sur lequel s’appuyer pour prendre des contacts avec d’éventuels clients.
Autonomie, vente et expertise
Attention : cela ne signifie pas qu’il ne faut pas faire preuve d’autonomie, au contraire ! Comme le note Gilles Péchiéras, consultant accompagnement business et RH chez DTalents, « la principale erreur consiste à trop attendre du portage : oui, nous accompagnons, mais il faut être autonome dans son travail et être capable de vendre ses services pour que le partenariat fonctionne. » De la même façon, avant de se lancer, il est nécessaire de s’assurer que l’on bénéficie d’une expertise suffisante dans son domaine : sans compétences appropriées, c’est l’échec assuré. Pour conclure, Gilles Péchiéras remarque qu’en fait, « la réussite du portage dépend en grande partie de la confiance qui lie le salarié à son entreprise de portage. »
Séverine Dégallaix

