Portage salarial versus auto-entrepreneuriat

Mis en œuvre début 2009, l’auto-entrepreneuriat a déjà séduit plus de 320 000 personnes. Un engouement en grande partie dû à la campagne médiatique dont a bénéficié ce régime. Pour autant, l’auto-entrepreneuriat ne présente pas que des avantages.

Perçu à ses débuts comme un concurrent du portage salarial, l’auto-entrepreneuriat ne dispose finalement pas des atouts nécessaires pour entrer en compétition avec ce dispositif. Au fil des mois, un certain nombre d’auto-entrepreneurs ont même préféré opter pour le portage. Plusieurs raisons à ce phénomène.

Un volet social incomparable

Si les pouvoirs publics ont largement communiqué sur la simplicité d’utilisation du régime de l’auto-entrepreneuriat, ils ont en revanche passé sous silence les inconvénients de ce dispositif. Premier handicap et non des moindres, le manque de protection sociale des auto-entrepreneurs. Les cotisations sociales versées par ces derniers sont en effet calculées en fonction d’un certain pourcentage du chiffre d’affaires. Sans chiffre d’affaires aucune charge sociale n’est donc à verser. Le revers de la médaille : l’auto-entrepreneur ne bénéficie alors d’aucune assurance chômage ou protection santé. Même scénario pour les cotisations retraite car celles-ci sont également fonction du chiffre d’affaires généré.

Avec le portage, la personne portée conserve pour sa part le statut de salarié. À ce titre, elle dispose de la même protection sociale qu’un employé en entreprise, notamment en cas d’arrêt maladie et d’accident. Les salariés portés peuvent aussi accéder à l’assurance-chômage, aux différents dispositifs de formation et bénéficier de l’assurance responsabilité civile professionnelle de leur entreprise de portage salarial. Le numéro de registre du commerce qu’ils produisent est également celui de la société de portage. C’est aussi elle qui se charge de signer les contrats commerciaux et donc d’en assumer les risques.

Chiffre d’affaires : deux régimes, deux catégories

Si l’on s’appuie sur le seul critère du revenu net, le régime de l’auto-entrepreneuriat peut paraître plus intéressant. D’un côté le chiffre d’affaires n’est effectivement amputé que des cotisations sociales et des achats, alors que de l’autre le salarié porté ne touche en moyenne que 50 % du montant de sa prestation, une fois déduits les charges patronales, les charges salariales et les frais de gestion.

Mais les deux régimes ne jouent pas dans la même catégorie car le chiffre d’affaires d’un auto-entrepreneur est limité à 32 000 euros annuels pour une activité de services alors que la rémunération des salariés portés est en moyenne basse de 60 000 euros par an. Présentée comme un avantage, la franchise de TVA des auto-entrepreneurs peut aussi se révéler épineuse, notamment lorsque l’on souhaite lancer une activité nécessitant un fort investissement ou à destination des entreprises.

Le régime de l’auto-entrepreneuriat ne sera donc pas le concurrent annoncé du portage salarial. Il constitue en revanche une solution intéressante pour tester, lancer ou développer une activité annexe à son emploi principal.

Sandrine Guinot

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